mardi 22 décembre 2015

Le comte n’a pas son compte de contes par 6AC



Nous avons eu cette question-problème à traiter par 4 : pourquoi comte, conte, compte ?

Réponse 1  : ce sont des homonymes (homophones) c'est-à-dire des mots différents dont la prononciation est la même.

Réponse 2 : ils n’ont pas le même sens : le compte : calcul ; le conte : histoire ; le comte : noble. Nous avons vérifié dans le dictionnaire de langue.

Réponse 3 : on pense qu’ils n’ont pas la même origine. On va vérifier dans le dictionnaire étymologique.
Et là, surprise !
Compte et conte < latin computare : élaguer un arbre, compter, énumérer, les mots se sont spécialisés vers le 13e siècle. Après tout, l’écriture a été inventée pour noter les comptes de marchandises.
Par contre, comte < latin comes-comitis : compagnon (du Roi)

Après, tous ensemble, nous avons cherché d’autres dérivés :
le conte
le compte
le comte
un conteur
raconter
un racontar
un compteur
un décompte
un comptable
un acompte
un computer (anglais)
escompter : espérer, compter sur
une comptine : chanson pour apprendre à compter
un mécompte : mauvais calcul
un comptoir : table où l’on fait les comptes au départ
comptabiliser
un comté
le fromage comté (du nom de la Franche-Comté )

Vous avez remarqué, compte est plus proche de computare : ce mot a été refait d’après l’étymologie (c’est un dérivé savant). 


vendredi 18 décembre 2015

Le mythe qui me fascine, par Marie

Œdipe, "pieds-enflés"



Laïos et Jocaste rois de Thèbes souhaitent connaître s’ils auront un jour un enfant. Alors ils vont voir la Pythie, l’oracle d’Apollon. La Pythie leur répond : «Oui mais il tuera son père et épousera sa mère ». A ces mots, le roi et la reine sont meurtris. Peu de temps après, Jocaste est enceinte, aussitôt qu’elle accouche, Laïos fait exposer l’enfant : il est attaché par les pieds à un arbre sur le mont Cithéron.



L’enfant y reste jusqu’à que des bergers le trouvent et comme il a les pieds enflés par les cordes, ils le nomment Œdipe, du grec Odein, être enflé. Les pâtres portent Œdipe à Polybe roi de Corinthe et à Mérope sa femme :  ils l'élèvent comme leur fils.



Devenu jeune adulte, Œdipe décide d’élucider le mystère de sa naissance ; il part donc voir l’oracle de Delphes, il lui demande si Polybe et Mérope sont ses vrais parents. L’oracle ne répond pas à sa question mais il lui dit de ne pas retourner dans son pays sous peine de tuer son père et d’épouser sa mère. Pour ne pas que l’oracle se produise, (il croit donc que Polybe et Mérope sont ses parents) il fuit Corinthe.



Sur la route, à un carrefour, Œdipe rencontre un vieillard sur un char. Ils se querellent et Œdipe le tue, c’était Laïos.

Le jeune homme arrive à Thèbes et  affronte le sphinx, il résout l’énigme posée et débarrasse Thèbes de l’horrible monstre. Grâce cet acte, il est proclamé roi de Thèbes et épouse la reine veuve Jocaste. Ensemble, ils auront quatre enfants deux garçons Etéocle et Polynice et deux filles Antigone et Ismène. Œdipe est chargé de trouver et de punir le meurtrier de Laïos. Au fil de ses recherches, il découvre toute la vérité et en parle à Jocaste. Jocaste abasourdie par cette histoire se pend et Œdipe se crève les deux yeux pour ne plus voir ses crimes.



On raconte que Etéocle et Polynice se battent pour le trône de Thèbes au coeur de ce combat ils s’entretuent. Antigone part de Thèbes avec son père.



De cette histoire on peut en tirer comme conclusion que le destin finit toujours par nous rattraper. 

L'oeuvre qui figure sur l'image est au Musée du Louvre. C'est un vase à figures rouges, qui date du IVe siècle avant J.C. 

Vous pouvez lire cette histoire illustrée par Yvan Pommaux ou dans la collection Nathan :   

jeudi 17 décembre 2015

Ma devise préférée par Victoria

  • Amicus certus in re incerta cernitur

C'est dans le malheur que l'on reconnaît ses amis.



Ce proverbe est extrait d'un fragment d'une tragédie d'Ennius, cité par Cicéron dans De amicitia.



  • In angustis amici apparent

C'est dans les difficultés que l'on reconnaît ses amis.



Ce proverbe est extrait d'un texte de Pétrone : Satiricon (Ier siècle)



J'ai choisi ces proverbes car je les trouve très justes. Il m'est déjà arrivé de perdre des gens que je considérais comme des amis, dans une difficulté. Avec ceux qui sont restés pour m'aider, l'amitié s'est renforcée.

mercredi 16 décembre 2015

Des Romains en Allemagne par Aude

A l’occasion du Voyage linguistique en Allemagne, certains latinistes ont visité le Musée romain-germanique de Cologne. 
 
Beaucoup d'objets, mosaïques… datant de l'Antiquité ont été retrouvés à Cologne, en Allemagne, pendant la seconde guerre mondiale. En effet, les explosions des bombes ont dégagé de nombreuses couches de sédiments, dévoilant toute une cité romaine, enfouie depuis des siècles.

Dans cette ville a été créé un « musée Romain-Germanique » qui expose une multitude de merveilles. On peut observer une très grande mosaïque (dite de « Dio- -nysos ») extraordinairement bien conservée et qui, à l'époque, constituait le sol d'une villa. Par ailleurs, lorsque l'on se place au niveau de la mosaïque, on se trouve en réalité à plusieurs mètres sous le sol car le sol se rehausse de 25 cm par siècle.
On voit des musiciens, des danseurs ainsi que, sur les bords, des animaux comme des ânes, des canards… Des fruits et de la nourriture sont aussi visibles, témoins du mode de vie et des habitudes des Romains.

Les couleurs utilisées restent dans les tons ocres et beiges, parsemés de quelques touches de vert, avec des formes très géométriques caractéristiques de l'art de l'Antiquité.

Petit rappel : Dionysos est le dieu de la fête et du vin : il est souvent représenté avec une grappe de raisin et une coupe dans la main.


 

Ce verre n'est pas issu de l'industrie mais bien d'un travail manuel de très grande précision : il date du IIIème siècle. Les lettres en rouge forment un proverbe grec : « Bois et tu te sentiras mieux. ». 
 
Malgré l'usure et l'âge du verre, la régularité des motifs et des courbes reste frappante : ce travail est remarquable par sa finesse et sa richesse ainsi que par ses couleurs, obtenues à l'aide de sels métalliques. Le cuivre permet d'obtenir du bleu, le fer du rouge et le chrome du vert. 
 
Cet objet fait partie d'une magnifique collection de vases, coupes, récipients et décorations en verre.

 
Dans ce musée Romain-Germanique, il est possible de voir du matériel de médecin. Scalpels, aiguilles, couteaux, pinces, boîtes de rangement…, rien ne manque à l'appel, hormis l’anesthésiant… Les opérations, rares et redoutées, étaient plutôt risquées : il n'y avait ni désinfectants ni anesthésiants véritablement efficaces. Chose à donner froid dans le dos...


Une exposition à voir à Tours


Présentation de l'exposition http://www.mba.tours.fr/index.php?idtf=5190

Revue de presse 16/12

Dans la Nr datée Mercredi 16 Décembre, un article signale l'exposition de découvertes archéologiques au Manoir de la Tour à Saint-Cyr.  (collection de Monsieur L'Hermite). http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Communes/Saint-Cyr-sur-Loire/n/Contenus/Articles/2015/12/16/Tresors-archeologiques-au-manoir-de-la-Tour-2566162

lundi 14 décembre 2015

Io Saturnalia !



Du 17 au 24 décembre, Vivent les Saturnales !

A partir du 17 décembre, les Romains fêtaient l’ancien dieu Saturne dont le règne avait constitué un âge d’or. Après la prise de pouvoir de Jupiter, Saturne s’était réfugié dans le Latium (latium = le refuge). Là, il eut un fils Picus dont descend Latinus.

Son temple était à l’entrée du Forum, au pied du Capitole. La statue était entravée pour que le dieu ne quitte pas Rome. Pendant les Saturnales, la statue du dieu était libérée de ses bandelettes de laine.
Les Saturnales restituent l’âge d’or : tout travail est interdit, les écoliers sont en vacances, les tribunaux s’arrêtent. Seule compte la fête. Les esclaves mettent le pileus, le bonnet d’affranchi, et peuvent donner des ordres à leurs maîtres. Les maîtres abandonnent la toge au profit de la tunique. On mange, on boit, on se salue au cri de « Io, Saturnalia », on s’échange des cadeaux, notamment des chandelles.

De la fête du Soleil à Noël

En effet, cette fête coïncide pratiquement avec le solstice d’hiver, l’époque à laquelle les jours cessent de raccourcir. A l’époque de Dioclétien, La fête de  Dies Natalis Solis Invicti se tenait le 25 décembre. Ce « dieu solaire » inspiré de l’Orient, notamment du culte de Mithra, doit réunir les Romains et remplacer le culte impérial.

 Sol Invictus, argent, IIIe s., Asie Mineure

Au IVe siècle, en 380, les Chrétiens choisissent ce jour pour commémorer la Naissance du Christ et concurrencer cette fête païenne. En effet, le mot Noël vient de Natalis Dies , jour anniversaire. Auparavant, la naissance du Christ était fêtée le 6 janvier, le jour de l’Epiphanie.



Chanter  en latin à Noël

Une traduction de Mon beau sapin existe en latin. Vous pouvez chanter en suivant le karaoké https://www.youtube.com/watch?v=IkZ3Vv9mWKs ou sur une musique plus agréable http://www.arretetonchar.fr/mon-beau-sapin-o-abies/



Si vous préférez Jungle Bells, c’est ici : https://www.youtube.com/watch?v=YSqNUFVDisk

mercredi 9 décembre 2015

Revue de Presse

Mercredi 9 décembre dans La nouvelle République, un article sur les mystères antiques de Tours (Caesarodunum)
http://www.lanouvellerepublique.fr/Indre-et-Loire/Actualite/24-Heures/n/Contenus/Articles/2015/12/09/A-la-recherche-de-l-Histoire-sous-la-ville-d-aujourd-hui-2558500#commentaire 

Etymots : des pommes, des poires...

Fruit de saison : la pomme par magister


   En latin, fructus, us, masculin  désigne tous les produits de la terre, les récoltes. Ce nom a servi à la fabrication de fruit, fructifier = produire, infructueux = qui ne donne pas de résultat.


   Le nom pomum, i, neutre désigne le fruit comme la noix, la datte, la figue... Par la suite , pomum a donné le mot pomme.

 Quant à notre pommier, en latin c’est le malum. Est-ce pour cela qu’Eve croque la pomme au jardin d’Eden ? 


 La déesse des fruits Pomona, déesse des arbres fruitiers, lui doit son nom. Elle est souvent représentée en compagnie de la déesse Flora, spécialisée dans les fleurs. 
 Dans Les Métamorphoses, Livre XIV d’Ovide, elle est l’épouse de Vertumnus, dieu des jardins. Pour la séduire, il se transforme en vieille femme (du radical * vert- tourner)



Vertumne par Arcimboldo vers 1590
Quels fruits les Romains consommaient-ils ? 
Des pommes, des poires, du raisin, des cerises, du melon, des noix, des amandes, des figues, des mûres, du coing. Par contre, prunes et pêches étaient des produits un peu luxueux.
  Ils se sont inspirés de l'Antiquité
A Tours, l’entreprise Pomona est grossiste en fruits.
A Paris, l’ entreprise de cosmétique Pomona se sert des végétaux pour créer ses produits.


                 La déesse Pomona porte une couronne de fleurs et tient une corne d'abondance garnie de fruits.





Raccourci vers le Gaffiot en ligne http://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php

mardi 8 décembre 2015

Latine loquor : Bon appétit !

Bene tibi sapiat (Bon appétit !) par discipuli
Ce sketch a été joué en classe après quinze minutes de préparation.



Ancilla : Salve Domina.

Domina : Salve.

Ancilla : Intra sedeque.

Domina : Gratias ago. Multum esurio !

Ancilla : Visne caulem ?

Domina : Bene volo.

Ancilla : Bene tibi sapiat. Visne etiam parvum piscem ?

Domina :  Mihi placet gustare piscem. Dami quoque frigidam aquam quia sitio.

Ancilla : Visne niveum panem aut garum ?

Domina : Optime est. Satis est. Exire potes.



Ce sketch nous a permis de réutiliser l’impératif et de commencer à apprendre la conjugaison de volo vis velle : je veux. Nous avons réinvesti le lexique.  Et surtout, nous avons passé un bon moment car tous les élèves de la classe ont joué une saynète par deux ou par trois.

Nous sommes même capables de commander au fast food : Da mihi carnem detritam et poma terrestria assa, quaeso ! 




Si vous aussi vous voulez jouer en latin, voici quelques références :

- Une partie des formules a été tirée de Guide de langue Usborne « Le latin pour débutants », publié en 2001.

- Le bloc notes « Ludus, apprendre le latin en jouant », paru chez Ellipses en 2012, propose une liste de mots en rapport avec la nourriture

- la viande hachée vient de la fable de Phèdre « Vulpes et Ciconia »

- le pain blanc, le chou, le poisson et le garum viennent de  la Satire V de Juvénal

Ma devise latine

Nulla dies sine linea , par un jour sans une ligne   par magister


Inspirée de Pline l’Ancien qui mourut lors de l’éruption du Vésuve, cette devise a rencontré un grand succès dès le Moyen-Age. Elle a été adaptée de nombreuses fois : Nulla dies sine musica. Nulla dies sine pagina.

Pour moi, elle signifie que je ne peux passer une journée sans dessiner ou écrire.